La géométrie de l'AUM


AUM est le monosyllabe sacré hindou correspondant au Logos

En Inde,le signe écrit est considéré comme inférieur au son,d’où peu d’informations sur la géométrie d’AUM.

C’est toute la différence entre Ismaël,celui qui écoute Dieu et Israël,celui qui voit Dieu.

Rien ne peut être pire que celui qui est privé de la vue.

L’explication usuelle donnée à AUM est:

A:le fond de la gorge

U:la bouche

M:les deux lèvres.

Dans « études traditionnelles » N°382 de Mars/Avril 1964,Michel Valsan a écrit un article sur « le triangle de l’androgyne et le monosyllabe AUM »

Il s’agit d’un grand triangle ,pointe en haut à l’intérieur duquel se situe un plus petit triangle pointe en bas.

Aux 6 angles,il place les initiales arabes d’Adam et Eve;

ADM pour le grand triangle et HVA pour le petit triangle.

De cet entrelacement ,l’auteur tire les mots suivants:Ahad ,AVM (AUM) et dam .

Ainsi;ADAM,EVE,AUM,UN,PERMANENT.

L’Idée est juste mais la géométrie est fausse.Michel Valsan aurait été plus inspiré en suivant la géométrie du livre juif,le « Sefer yetsira » qui indique que toutes les lettres s’inscrivent dans la sphère et le cœur et tournent de droite à gauche et de gauche à droite.

Michel Valsan écrit dans le même article que seul René Guénon dans son livre « l’homme et son devenir selon le Védanta » a donné une indication géométrique des lettres d’AUM,à savoir:

A: une ligne droite

U: un élément de spirale

M :un point

Ceci ne correspond pas à la géométrie de l’AUM.

Le A qui est le premier phonème correspond non pas à une ligne mais au dédoublement de la ligne ou vibration originelle.Il ne peut pas y avoir de phonème sans dédoublement.

La meilleure illustration est l’alpha grec qui est une boucle faisant apparaitre deux brins opposés.On aboutit au même résultat avec notre A latin,si on prolonge la barre horizontale à gauche.

Le A est donc la première division de l’Infini.

L’infini qui partait dans les deux directions opposées du A,se rétracte ensuite,se ramasse en lui-même,crée un vide ,appelé tsimtsoum par le rabbin Ouakhnin ou encore outre du Tao par les taoîstes.

Cette rétractation,contraction est un V dans le domaine supérieur et un U,c’est-à-dire V arrondi dans le domaine inférieur.

Cette rétractation est suivie d’une nouvelle expansion,mais freinée par l’élément médian V.

C’est la lettre M qui est le mouvement d’expansion,équilibrée par le V médian

Cette lettre M bourgeonne en un point où l’énergie se concentre pour créer tous les phonèmes.C’est le point bindu qui n’est pas le M mais le bourgeonnement du M,nommé par les hindous résonnance nasale du M.

C’est-ce point qui crée la demi-lune ou ardha Chandra ou pour parler de façon plus populaire,c’est la phallus énergétique qui crée la yoni pour un processus d’émanation du subtil vers le plus en plus grossier.

Le processus d’émanation est descendant,vers les formes de plus en plus sombres et grossières.

Le processus de libération est ascendant dans des formes de plus en plus lumineuses.

Dans le processus AVM,on reconnait la pulsation du cœur dont l’essence est d’origine subtile avec sa contraction,sa dilatation et son circuit fermé.

C’est dailleurs ce que dit la Maitry upanishad: »La syllabe AUM est la forme essentielle de l’éther à l’intérieur de l’espace du coeur » (VII:11)

Enfin ,je dois signaler la forme de la syllabe OM tibétaine qui se compose d’un M évasé qui comporte un point au dessus de l’espace médian.Le point est noté M et la ligne incurvée dessous :O.

Du point de vue de la mystique hindoue,ce graphisme tibétain correspond au quatrième état d’AUM,celui de sa résorption dans la lumière pure.

Quant aux graffitis des carmes de Loudun de l’Ave Maria,noté par l’entrelacement des lettres AVM,étudié par Guénon dans le « Roi du monde », ,ce graffiti correspond à un nœud papillon et n’a aucun rapport avec la syllabe AUM.

On ne peut rattacher cet AVM ou nœud papillon qu’à la syllabe égyptienne TCHES,qui a donné notre argot français Tchache,qui veut dire parler.

Il y a donc bien relation avec le Verbe,mais selon l’iconographie des hiéroglyphes égyptiens.

Daniel Louvet